mercredi 22 novembre 2017

L’origine des vitraux de Beine

François Lefebvre 08-04-1915

Plusieurs habitants de Beine ont été témoins du combat aérien qui eut lieu le 15 mars 1916, dans la direction de Nauroy. Un avion français obligeait un aéroplane allemand à atterrir et à rentrer dans ses lignes, lorsqu’un petit Fokker ennemi qui survolait l’avion français l’attaqua à l’improviste. Deux minutes après, l’appareil de nos compatriotes était en flammes et venait s’abattre sur le sol. Le lendemain, un autre aéroplane français accourait sur les lieux du combat et laissait tomber deux couronnes, pour rendre hommage aux héros infortunés.

Jusqu’à la fin de la guerre on ignorait les noms des victimes, car Beine, occupé par l’ennemi, ne fut libéré qu’en octobre 1918.
Après l’armistice, les parents des malheureux aviateurs accomplirent leur pieux pèlerinage et vinrent prier sur les tombes du comte Jacques Decazes et de son compagnon François Lefebvre.
Une amie de cette famille, la princesse de Sayn-Wittgenstein, habitant Lausanne (Suisse), était en rapport avec la cour impériale. Aussitôt que cette vénérable dame (elle était alors centenaire) apprit le malheureux sort de Jacques Decazes, elle fit en sorte d’avoir des renseignements précis sur le lieu de sa sépulture.
François Lefebvre (aviateur)

Tombes J. Decazes Fr. Lefebvre

Elle obtint satisfaction, et reçut même une photographie des tombes : les deux aviateurs étaient ensevelis l’un près de l’autre sur la lisière du bois, face à Nauroy, à 600m au sud de la route de Beine.
Il fut alors facile au duc Decazes de trouver les corps de son frère et de François Lefebvre ; dès sa première visite, il se mit en devoir de faire nettoyer les tombes et de les entourer d’une balustrade.
Le 14 décembre 1920, il fit transporter les restes des héros dans leurs caveaux respectifs : la dépouille mortelle de Jacques Decazes fut inhumée à La grave (Gironde), celle de François Lefebvre à Paris.

 

 

Vitrail François LefebvreSt François d’Assise, patron de l’aviateur Lefebvre, reçoit dans ses bras un soldat blessé, tombé de son appareil, et l’exhorte à offrir son sacrifice au Seigneur en lui présentant le crucifix (dans le haut : gouvernail d’aéroplane).

        (Ecrits de l’abbé MARION, curé de Beine, lors de la reconstruction de l’église et des nouveaux vitraux en 1927).

Photos remises par la famille THOUARD-LEFEBVRE lors de leur visite à Beine-Nauroy.